Mauritanie : un ancien officier réclame la révision du décret qui a mis fin à sa carrière il y a 28 ans | Mauriweb

Mauritanie : un ancien officier réclame la révision du décret qui a mis fin à sa carrière il y a 28 ans

jeu, 17/09/2026 - 15:58

Une lettre adressée au général de division, chef d'état-major des armées de la République islamique de Mauritanie, circule depuis peu sur les réseaux sociaux. Son auteur, l'ex-capitaine Mohamedou Ould Isselmou Ould Sneiguel (matricule MLE85289), y demande la reconnaissance de son « droit à une réforme médicale » et revient sur les circonstances de sa mise à la retraite forcée en 1998.

Dans ce courrier, l'officier explique avoir été frappé par le décret n°42/98 du 12 avril 1998, qui a acté sa mise à la réforme pour mesure disciplinaire. Il affirme que les rédacteurs de ce texte, à l'époque, ont refusé de prendre en compte sa situation médicale et de lui accorder la consultation sanitaire nécessaire pour la maladie contractée lors de son évacuation depuis la 7ᵉ région militaire vers Nouakchott.

Selon lui, cette pathologie s'est révélée grave, nécessitant des soins qu'il n'a pu obtenir qu'à l'étranger : le dossier médical joint à sa demande provient du Kings County Hospital, aux États-Unis. « Ma vie est une valeur humaine, et il est important qu'un décret vicié ne le soit pas aussi bien dans la forme que dans le fond, en l'absence de toute visite médicale à la libération », écrit-il, estimant avoir été confronté à un choix impossible : rester dans le pays sans soins adaptés, ou partir se prendre en charge lui-même, faute pour l'institution militaire de l'avoir fait.

L'ex-capitaine insiste sur le fait qu'il n'a jamais cherché à se soustraire à ses responsabilités ni à s'en remettre à une puissance étrangère. Il dit avoir refusé, malgré son émigration, de se tourner vers des organisations internationales de défense des droits humains dont les portes lui étaient pourtant ouvertes, leur préférant la voie du dialogue avec sa propre institution. Il rappelle également avoir servi douze ans et six mois sous le drapeau, période durant laquelle il affirme avoir, une fois, essuyé des tirs réels de l'ennemi pour la défense de ses concitoyens.

Sur le plan juridique, il indique ne pas prétendre trancher lui-même le litige, mais suggère que « la cassation du décret n°42/98 du 12 avril 1998, ou l'adoption d'un nouveau décret de mise à la réforme pour raison médicale », constituerait selon lui un point de départ raisonnable pour résoudre ce contentieux, qu'il juge toujours pendant près de trois décennies plus tard.

La publication qui accompagne ce document, signée par un internaute mauritanien, présente l'affaire comme celle d'un officier « injustement démis de ses droits en 1998 » mais resté loyal à son pays et à son institution malgré les années, et appelle à ce que « le temps de l'équité » arrive enfin pour lui.

À ce stade, aucune réaction officielle de l'état-major des armées ni du ministère de la Défense mauritanien n'a été rendue publique concernant cette demande.