
L'Union Africaine (UA) a exprimé une vive inquiétude suite à la décision des États-Unis de se retirer de 66 organisations, conventions et traités internationaux. Selon l'organisation panafricaine, nombre de ces entités jouent un rôle crucial dans les affaires du continent, et leur abandon par Washington pourrait avoir des répercussions significatives.
Dans un communiqué officiel, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, a tiré la sonnette d'alarme. Il a averti que ce retrait unilatéral pourrait affecter "les acquis en matière de développement, les efforts de consolidation de la paix, et la capacité de résilience des sociétés, en particulier dans les contextes fragiles et touchés par des conflits".
M. Faki a rappelé que plusieurs des institutions concernées ont "contribué au renforcement des capacités nationales et régionales, à la promotion d'une croissance économique inclusive, à l'égalité des genres, au soutien à la reconstruction post-conflit et à la protection des populations vulnérables à travers le continent".
Reconnaissance d'un partenaire historique, et appel au dialogue
Le responsable africain a reconnu "le droit souverain des États-Unis de revoir leurs engagements internationaux en fonction de leurs priorités nationales". Il a toutefois souligné le rôle historique de Washington, "partenaire clé de longue date pour l'Afrique et pilier fondamental du système multilatéral".
Il a réaffirmé que le partenariat Afrique-États-Unis s'est toujours bâti "sur des intérêts communs, incluant la paix et la sécurité, les opportunités économiques, la gouvernance démocratique et la stabilité mondiale". Les plateformes multilatérales, a-t-il insisté, ont été des "moyens efficaces" pour faire avancer ces objectifs partagés.
M. Faki a exprimé l'espoir qu'un "dialogue entre les États-Unis, les Nations Unies et les partenaires internationaux" puisse identifier des voies pour "soutenir les fonctions essentielles de l'action multilatérale", tout en garantissant que "les catégories les plus vulnérables ne soient pas affectées de manière disproportionnée".
Réaffirmation de l'attachement africain au multilatéralisme
Face à cette onde de choc, le président de la Commission a renouvelé "l'engagement inébranlable de l'Union Africaine en faveur du multilatéralisme, considéré comme la pierre angulaire pour faire face aux défis mondiaux et promouvoir une prospérité, une paix et une sécurité partagées".
Cette mise en garde de l'UA fait suite à la signature, la semaine dernière, par le président américain Donald Trump, d'une déclaration ordonnant le retrait des États-Unis de 35 organisations non-onusiennes et de 31 entités liées à l'ONU. La Maison Blanche a justifié cette décision en affirmant que ces organisations "fonctionnent d'une manière qui va à l'encontre des intérêts nationaux américains".
Parmi les structures concernées qui ont un mandat important en Afrique figurent notamment la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Le retrait américain de ces instances cruciales soulève ainsi de sérieuses interrogations sur l'avenir du financement et du soutien opérationnel à de nombreux programmes de développement, de paix et d'assistance humanitaire sur le continent africain.

%20(1).png)

