« Je pars découvrir si j’ai gardé l’avantage » | Mauriweb

« Je pars découvrir si j’ai gardé l’avantage »

lun, 19/01/2026 - 12:24

Le combat hors normes de Luc Atgé contre le cancer à travers un ultra-trail de 333 km dans le désert du Sahara

À 62 ans, Luc Atgé, joaillier de profession et ultra-traileur passionné, s’est engagé dans l’un des défis les plus extrêmes de l’ultra-endurance : la Trans 333 Mauritanie, une course de 333 kilomètres en semi-autonomie au cœur du désert du Sahara. Bien plus qu’une performance sportive, cette aventure est avant tout un combat intime contre la maladie.

Luc Atgé affronte depuis plusieurs années un cancer du côlon, auquel se sont ajoutées des atteintes aux reins et à la colonne vertébrale. Deux cancers sont toujours présents. Pourtant, loin de renoncer, il choisit de se confronter à l’un des environnements les plus hostiles au monde pour vérifier, selon ses propres mots, « s’il a gardé l’avantage ».

La volonté plus forte que la maladie

Participer à la Trans 333 n’est pas un acte anodin. Températures extrêmes, isolement, orientation, gestion de l’eau et de l’alimentation : le désert impose une loi implacable. Pour Luc, chaque kilomètre parcouru est une affirmation de contrôle sur son corps et sur la maladie.
« C’est moi qui décide, pas le cancer », répète-t-il comme un mantra avant de s’élancer.

Après un parcours semé d’obstacles logistiques – vol détourné vers Nouakchott, longues heures d’attente, puis route éprouvante jusqu’à Atar – Luc rejoint le désert avec une détermination intacte. Sa devise, héritée de son collectif sportif, résume son état d’esprit : « On ne lâche rien ».

149 kilomètres de courage et de résilience

Engagé dans la course, Luc Atgé parvient à parcourir 149,5 kilomètres, avec un dénivelé positif de 1 746 mètres, avant d’être rapatrié sur un point intermédiaire. Une performance remarquable compte tenu de son état de santé.
« Je suis fatigué, c’est dur… mais j’ai passé les 100 bornes », confie-t-il, lucide mais fier. Dans le silence du désert, l’effort devient méditation, et chaque pas une victoire contre la douleur et le doute.

Il compare son corps à « un vieux diesel » : lent au démarrage, mais capable de tenir dans la durée. Des sensations de combativité qu’il croyait perdues refont surface, preuve que l’esprit peut réveiller des forces enfouies.

Le sport comme reconstruction

Fondateur en 2022 de la Team du Crabe, un collectif qui promeut le sport comme outil de reconstruction pour les personnes atteintes de cancer, Luc Atgé fait de chaque défi un message d’espoir. Après l’ascension du mont Ventoux et sa participation à l’Ironman de Barcelone, l’ultra-trail saharien s’inscrit comme une étape majeure de ce parcours hors du commun.

Pour lui, courir n’est pas une fuite, mais une thérapie active, une manière de reprendre la main sur un corps fragilisé et de rappeler que la maladie ne définit pas l’individu.

Une leçon de vie dans le sable du Sahara

L’aventure de Luc Atgé en Mauritanie dépasse largement le cadre sportif. Elle incarne une leçon de courage, de persévérance et de dignité. Dans le sable brûlant du Sahara, il démontre que tant qu’il reste un souffle, il reste aussi une possibilité d’avancer.

Son parcours est un message puissant adressé à tous ceux qui luttent : le combat contre la maladie peut aussi se mener debout, en mouvement, et parfois même en courant vers l’horizon. Luc Atgé n’a peut-être pas bouclé les 333 kilomètres, mais il a remporté une victoire essentielle : celle de ne jamais renoncer à vivre pleinement.