Carburant et tensions commerciales : Tombouctou mieux approvisionnée, mais à prix fort | Mauriweb

Carburant et tensions commerciales : Tombouctou mieux approvisionnée, mais à prix fort

lun, 19/01/2026 - 12:29

Alors que Mali traverse une crise persistante du carburant, la situation contraste fortement entre la capitale Bamako et la ville de Tombouctou. Si la première fait face à des pénuries sévères, la seconde bénéficie d’un approvisionnement plus régulier. Mais cette disponibilité a un coût : les prix y atteignent des niveaux élevés, conséquence directe des tensions diplomatiques et commerciales entre Bamako et Algérie.

Bamako : pénurie et marché parallèle

Dans la capitale malienne, le carburant est officiellement vendu au prix réglementé dans les stations-service. Toutefois, la rareté du produit alimente un marché parallèle florissant. Des revendeurs informels proposent le litre entre 1 500 et 2 000 F CFA, aggravant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages et paralysant une partie des activités de transport et de commerce. Cette flambée accentue les difficultés quotidiennes des habitants, déjà confrontés à une hausse généralisée des prix.

Tombouctou : disponibilité relative, inflation persistante

À Tombouctou, le tableau est différent. Le diesel et le super sont visibles dans les stations et accessibles aux consommateurs. Mais le litre s’y vend autour de 1 300 F CFA, bien au-dessus du tarif officiel. Cette relative abondance s’explique par les circuits d’approvisionnement transfrontaliers : le carburant, mais aussi des denrées alimentaires, arrivent depuis l’Algérie et la Mauritanie, alimentant également d’autres villes du Nord comme Gao.

Les effets des tensions régionales

Ces derniers mois, le bras de fer diplomatique et commercial entre Bamako et Alger a profondément perturbé les flux habituels. Les commerçants du Nord en subissent les conséquences directes : hausse du carburant, renchérissement du lait, de l’huile et d’autres produits de première nécessité. Plusieurs opérateurs économiques de Tombouctou rappellent qu’avant ces tensions, le litre de carburant se négociait entre 400 et 500 F CFA — une époque désormais révolue.

Entre pénurie et cherté, une fragilité structurelle

La situation met en lumière la fragilité des circuits d’approvisionnement dans le Nord du Mali, largement dépendants des relations avec les pays voisins. Si Tombouctou échappe à la pénurie qui frappe Bamako, elle n’échappe pas à l’inflation. Pris entre disponibilité et cherté, les habitants espèrent un apaisement des tensions régionales afin de retrouver un accès plus équitable et durable à cette ressource vitale.