Sécurité alimentaire : Nouakchott accueille une réunion régionale sur les filières stratégiques au Sahel | Mauriweb

Sécurité alimentaire : Nouakchott accueille une réunion régionale sur les filières stratégiques au Sahel

sam, 30/08/2025 - 23:04

Une réunion de haut niveau visant à valider le rapport mi-parcours d'un programme régional ambitieux pour le Sahel s'est ouverte ce vendredi à Nouakchott. Cette initiative stratégique porte sur le renforcement des filières agricoles, l'amélioration de la sécurité alimentaire, le soutien à la résilience et le développement commercial dans les pays de la région.

Une collaboration multi-partenariale pour un défi régional

L'événement est organisé par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, en étroite collaboration avec l’Organisation Arabe pour le Développement Agricole (OADA), le Comité Permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) et la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA). Cette convergence d'acteurs souligne l'importance et l'envergure régionale des enjeux discutés.

Au cœur des travaux : l'examen d'une étude fondamentale pour le lancement d'un programme régional d'appui aux pôles stratégiques de sécurité alimentaire. Ce programme propose de se concentrer sur cinq filières prioritaires : la production animale, les céréales et légumes, le coton, les produits forestiers non ligneux et la pêche.

Des défis multidimensionnels à relever

Pour développer ces filières, les experts identifient plusieurs leviers d'action essentiels. Il s'agira notamment d’améliorer les infrastructures dans les domaines de l’hydraulique et de la technologie, de renforcer l’efficacité des systèmes de production, de consolider le cadre institutionnel et réglementaire, et de mettre en place un mécanisme robuste de suivi-évaluation.

Dans son discours d’ouverture, le ministre mauritanien de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a rappelé la volonté ancienne des pays du Sahel de maximiser leurs capacités intrinsèques. « La création du CILSS est la meilleure preuve de la détermination de ces pays à vaincre les conditions difficiles pour un avenir meilleur », a-t-il déclaré.

Il a également mis en avant les résultats encourageants obtenus par la Mauritanie sous l'impulsion du Président de la République, M. Mohamed Cheikh El Ghazouani : une croissance agricole accélérée, l'autosuffisance en riz à portée de main, le développement des cultures pluviales grâce à la mécanisation et l'amélioration de la production maraîchère.

Un consensus sur l'urgence d'agir

Les représentants des organisations partenaires ont tous salué l'initiative et réaffirmé leur engagement.

M. Ibrahim Doukheiri, Directeur de l'OADA, a souligné la disponibilité de son organisation à accompagner la préparation de ce programme, dont les résultats sont « attendus par des populations qui partagent les mêmes conditions environnementales et sociales ». Il a aussi dressé un tableau des défis : « des chocs environnementaux récurrents qui affectent négativement la vie des populations locales, sous forme de désertification, sécheresse, inondations et pluies torrentielles ».

M. Hatem Al Jabri, représentant de la BADEA, a réitéré la détermination de sa institution à soutenir le développement du Sahel, notant que la banque avait déjà investi « d’importantes sommes » dans des pays comme le Mali, le Tchad et le Niger.

Enfin, M. Abdoulaye Mahamadou, Secrétaire exécutif du CILSS, a mis en avant la force du partenariat technique et financier qui a permis la mise en œuvre de plusieurs programmes visant le bien-être des populations sahéliennes.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence d’autres membres éminents du gouvernement mauritanien, dont le ministre de l’Élevage et le ministre délégué au Budget, témoignant de l'importance nationale accordée à ce projet régional.

Les travaux se poursuivent pour finaliser la validation du rapport mi-parcours. L'objectif est de doter le Sahel d'une stratégie concertée et efficace pour transformer son agriculture, garantir sa sécurité alimentaire et construire une résilience durable face aux défis climatiques et économiques.